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Edition de cartes postales, reportages, portraits en studio: des silences lyriques de la montagne aux scènes de la vie quotidienne, l'atelier Simon Glasson, à Bulle, a pratiqué dès 1921 une photographie plurielle. Il a alimenté un fonds impressionnant par son volume (plus d’un million de clichés) mais surtout par sa qualité, sa diversité et sa richesse documentaires. Cette somme d'images est le reflet de huitante ans d'histoire, de la grande et de la petite histoire de la Gruyère, des Préalpes, mais des régions voisines également, de Fribourg et de la Broye.
Ce fonds photographique emménagera tout prochainement au Musée gruérien, où il sera exploré, inventorié et exploité, comme il l'a été jusqu'ici par la famille Glasson. Pour associer le public à l'événement que représente l'acquisition de cette mémoire visuelle, le Musée gruérien consacre une exposition à l'atelier Simon Glasson, du 14 avril au 9 juin 2002.
Environ 140 photographies seront présentées, certaines déjà célèbres, d'autres moins connues, d'autres encore, totalement inédites. Plusieurs images rappelleront la récente parution du livre Simon Glasson, un atelier de photographie en Gruyère (Pierre Savary, Editions La Sarine). Les tirages de ces photographies ont été réalisés, tout exprès pour cette exposition, par Henriette et Marcel Glasson, derniers gardiens du trésor. Du matériel photographique accompagnera ces images, notamment des chambres de prise de vues et cette curiosité chère à Simon Glasson: le stéréoscope, qui donne l'illusion de la troisième dimension.
Travail collectif
Simon Glasson (1882 - 1960) a 39 ans lorsqu'il ouvre son Photo-Hall à l'avenue de la Gare, à Bulle. Il pratiquait jusque-là la photographie en pur amateur. Il se spécialise dans le paysage, et particulièrement le paysage alpestre. Entre 1920 et 1950, il alimente une impressionnante collection de cartes postales, qu'il édite lui-même. Chaque image vendue pour quelques centimes sur les tourniquets des hôtels ou des épiceries est un tirage original : l'atelier assure tout le travail de reproduction (jusqu'à 600 cartes par jour). Simon Glasson ne réalise que peu de reportages et ne pratique pas le portrait en studio. Ces autres applications de la photographie, il les confie à ses collaborateurs. Au bilan, c'est donc un travail communautaire que présente le Musée gruérien. En évoquant l'activité de la maison Glasson, on ne peut s'empêcher de se faire ressurgir le terme d'atelier , au sens où l'entendaient les peintres jusqu'au XIXe siècle: un collectif d'artistes et d'artisans travaillant sous la direction d'un maître.
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